1. Vous
hurlez sur les cimes vos gangrènes
Sous les rictus lavis d’un ciel de traîne,
Vieillissez comme on rit sous la torture
Habillant d’aquarelles les raclures.
Quand l’hymen du visible se déchire
Vous bleuissez la page d’élixir
Puisez à la vacuité des amantes
Quelques nocturnes pour des fêt’s galantes.
Refrain :
Les romantiques
De l’amour à la
mort
La révolte aux
corps à corps.
2. Devant la farce qui brûle,
futile
Incendie de
vos verbes inutiles
Vous jouez sec sur les champs de
batailles
Vos vies de Baudelaire, la courte paille.
Vous
fleurissez d’arcs-en-ciel éternels
La plainte ensevelie d’une
hirondelle
Et battissez de sable des empires
Sur les
terrains vagues de nos devenirs.
3. Les
fantaisies morgues de vos déroutes
Réveilles des cascades dans nos soutes,
Sur les barricades des causes perdues
Vous libérez de l’humain défendu.
La chemise ensanglantée de l’idéal
Pavillon des foudres transcendantales
Vous ouvrez les vannes du firmament
Comme je m’endors sur les rives du temps.
La bête
1. Depuis notre hégémonie
De la caverne à la hi-fi
Sur les requins et les chacals
Du javelot jusqu’au Rafale
Chaque nouveau temps pour son sacre
Se couronne d’un pieux massacre.
Refrain :
Petit à petit la bête
Fait son nid
Sur le toit de nos aigreurs
L’aigle surfe sur nos peurs
Comme les poux sur nos têtes
Les brutes, les bottes, la bête.
2.
Les anciens dieux ne sont pas morts
Des tribunaux en plein essor
S’élèvent des miasmes fratricides,
Un reality show putride
Qui montre d’une pique son voisin.
La barbarie n’est jamais loin.
3.
La soldatesque se précise
Car les idéaux sont en crise.
De l’oiseau noir les prophètes
Ont leurs escadrons sur le net.
La vérole brune s’étend
Dans les chiottes des ignorants.
Je t'aime
1. La pluie fait des harmoniques
Sur les ardoises de
mon donjon
Eole parle en
gaélique
Aux volets clos par
les frissons.
Je t’aime.
2. Je chéris à
l’encaustique
Le merisier de mon
bureau
Soupirant comme une
bernique
Devant la moue de
ta photo.
Je t’aime.
3. Je range les
gammes arabiques
Que mes doigts ont
laissé traîner
Sur le piano
organique
Qui transpire tant
j’y ai crié
Je t’aime.
4. Une vieille
dramatique
M’accompagne en
noir et blanc
J’entends Raimu le
tragique
Qui palpite sur mon
écran
Je t’aime.
5. « Ces flammes
ont l’air satanique »
Se dit mon
chat qu’a l’feu sacré
Devant l’âtre aux
quinze briques
Rougissantes comme
des damnées
Je t’aime.
6. Et la pendule
arthritique
Agonise ces
instants là
Attentes
téléphoniques
Qui se figent dans
le verglas
Je t’aime.
7. Encore une
rafale nordique
Il pleut décembre
sur ma joue
Pourtant c’est le
mois magique
Mais tu es loin de
mes bisous
Je t’aime.
8. Les rumeurs
mythologiques
Des ectoplasmes du
grenier
Font trembler ma
poétique
Dans un vibrato
d’aliéné
Je t’aime.
9. La nuit fait des
acryliques
De ton absence
sublimée
Je somnole sous les
tropiques
De mon bain
moussant, enivré
Je t’aime.
Je nage en solitaire
Refrain:
Je nage en solitaire
Aux errances des rivières
Dans les
fleuves, dans les mers.
Je suis un homme poisson,
Sans repos ni passion
Qui crawle sous les ponts.
1. Il faut se mouiller pour voir la
planète !
Je suis un penseur palmé, un pas net
Qui visite des méandres
incertains,
Ces kilomètres d’ajoncs caressés
Pour voir défiler les
rives du passé.
Je suis un rêve aquatique et serein.
2. Quand je fais la planche pour voir les
moustiques
Au fil aqueux des langueurs ascétiques,
Le bal cosmique me fait ses entrechats.
J’ai tout vu de l’Amazone et du Nil,
Epuisé d’être un croiseur sans idylle ;
Partout le goût amer d’être un paria.
3. Jusqu’à l’océan l’éternel
titan,
Je me laisserai porter par les
courants,
Fasciné par la sagesse
des dauphins.
Lavé des salissures continentales,
Je me noierai dans les
vagues fatales
Où dorment les secrets de mes chagrins.
4. Pas un
fleuve, pas un ruisseau qui ne soit
Souiller de sang, le désespoir est
roi ;
Et je coule tranquille dans ces veines
fleuries.
Sur les berges,
on se moque de mes brasses,
On voudrait me voir prisonnier des glaces
Alors, je vais en apnée, hors la vie